PRINICIPES DIRECTEURS DU PAM ET DU HCR POUR L'EVALUATION DES BESOINS ALIMENTAIRES ET NUTRITIONNELS DANS LES SITUATIONS D'URGENCE

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GENERALITES

1. Jusqu'à présent, le PAM et le HCR utilisaient une valeur de référence de 1900 kilocalories par personne et par jour pour l'établissement des rations d'urgence. Ce chiffre de planification, approuvé en 1988 par la Conférence sur la nutrition en cas de catastrophe, se fonde sur les besoins d'une population sédentaire "caractéristique", pour une répartition démographique normale et un niveau présumé d'activité physique supérieur de 45% au métabolisme de base (MB).

2. Des recherches récentes ont montré que ce niveau théorique d'activité physique (45% de plus que le MB) était trop bas pour des populations confrontées à des situations d'urgence, particulièrement pour les femmes, et qu'il faudrait d'autre part apporter des ajustements pour tenir compte de la proportion croissante de femmes enceintes et de mères allaitantes ainsi que d'autres facteurs.

3. A la demande de l'"Agency for International Development" des Etats-Unis (USAID), le Comité pour la nutrition internationale (CNI) a publié en 1995 un rapport dans lequel il situait entre 1900 et 2500 kilocalories les besoins énergétiques moyens par personne dans les situations d'urgence. Il recommandait d'utiliser à des fins de planification une moyenne de 2100 kilocalories, ce qui devrait couvrir les besoins énergétiques d'une population "caractéristique", en admettant que la répartition démographique, le poids corporel, la température ambiante et l'état nutritionnel avant la situation d'urgence correspondent à la norme et que le niveau d'activité physique (légère) soit de 55% supérieur au MB pour les hommes et de 56% pour les femmes.

4. Dans le nouveau manuel de l'OMS "Management of Nutrition in Major Emergencies" (Prise en charge nutritionnelle dans les situations d'urgence majeures, sous presse), les besoins énergétiques moyens en situation d'urgence ont été globalement évalués à 2100 kilocalories - ce qui correspond au chiffre donné par le CNI dans son rapport (annexe I).

5. Pour appliquer le mémorandum d'accord révisé de mars 1997, le PAM et le HCR vont suivre les principes directeurs de l'OMS et utiliser 2100 kilocalories comme valeur de référence initiale pour calculer les besoins énergétiques et établir les rations alimentaires destinées aux populations confrontées à des situations d'urgence. Il faudra toutefois réajuster ce chiffre initial de planification dès que possible après évaluation approfondie de la situation et revoir la ration en fonction des conditions locales.

 

PRINCIPES FONDAMENTAUX

6. Il est extrêmement important d'assurer à la population sinistrée une ration de base adéquate dès que la situation d'urgence se manifeste car cela réduit d'autant la nécessité d'autres interventions alimentaires coûteuses et lourdes à mener.

7. On entend par ration adéquate une ration qui, tout en satisfaisant les besoins minimaux en énergie, en protéines, en graisses et en micronutriments pour une activité physique légère, est nutritionnellement équilibrée, diversifiée et culturellement acceptable, se prête à la consommation humaine et est digestible pour les enfants et d'autres groupes vulnérables.

8. Les besoins énergétiques individuels sont définis essentiellement par le MB, que l'on évalue pour différents groupes de population en fonction de l'âge, du sexe, du poids et - dans le cas des femmes en âge de procréer - de l'état physiologique (par ex. grossesse ou allaitement au sein) et du niveau d'activité physique.

9. On détermine les besoins énergétiques totaux d'une population en additionnant les besoins des différents groupes (par âge et par sexe) en fonction de leur proportion dans la population. Le profil démographique peut être obtenu par le recensement de la population ou par les enquêtes de réfugiés/personnes déplacées à l'intérieur du territoire.

10. Lorsque la population dépend entièrement de l'aide alimentaire, les aliments fournis de l'extérieur doivent satisfaire à tout le moins les besoins minimaux, comme indiqué à l'annexe I. Mais, dans certains cas, les sinistrés ne dépendent pas entièrement de l'aide alimentaire et ont - ou peuvent trouver - d'autres moyens de se nourrir.

11. Les rations alimentaires devraient compléter la nourriture que la population sinistrée peut se procurer par elle-même moyennant des activités telles que production agricole, commerce, travail ou micro-entreprises. Il est indispensable de bien connaître les diverses filières par lesquelles la population peut se procurer de la nourriture car cela permet de mieux évaluer les besoins alimentaires et nutritionnels.

12. En règle générale pour la distribution, une ration type est fournie à chaque bénéficiaire, sans aucune distinction.

13. Dans tous les cas, il faudrait systématiquement réexaminer la situation alimentaire et nutritionnelle des réfugiés/personnes déplacées au moins une fois par an.

 

NECESSITE D'UNE VALEUR DE REFERENCE INITIALE POUR L'ALIMENTATION D'URGENCE

14. Il faut absolument disposer d'un système permettant de dresser des plans rapidement pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels de la population sinistrée. Au début, il n'est pas toujours possible de procéder à une évaluation approfondie et, bien souvent, l'information n'est disponible qu'une fois la situation stabilisée.

15. C'est pourquoi, dès l'apparition d'une situation d'urgence, l'estimation moyenne de 2100 kilocalories par personne pour les besoins énergétiques servira dans un premier temps à faciliter les décisions quant à la fourniture immédiate de denrées alimentaires. Dès que quelques données sur la démographie et la sécurité alimentaire pourront être rassemblées, on recalculera en conséquence le montant de l'aide alimentaire requise.

16. Là où il apparait dès le début que les besoins alimentaires diffèrent de la valeur de référence initiale de 2100 kilocalories, on peut adopter un chiffre mieux adapté à la planification des besoins alimentaires; on peut par exemple s'attendre à des besoins inférieurs là où les gens peuvent encore se procurer de la nourriture ou un revenu; en revanche, les besoins seront supérieurs si la température ambiante est très nettement inférieure à la température de référence (20oC) sans que la population soit bien protégée (fourniture d'abris et de vêtements) ou si l'activité physique est plus marquée (voir annexe II).

 

AJUSTEMENT DE LA VALEUR DE REFERENCE INITIALE

17. La valeur de référence initiale de 2100 kilocalories s'applique aux tout premiers stades d'une situation d'urgence lorsque les gens n'ont aucun autre moyen de se nourrir et que l'on connait seulement le nombre de personnes sinistrées. Dès que des données démographiques ont été recueillies et que l'on sait si la population a d'autres moyens de s'alimenter, il faut ajuster la valeur de référence initiale de 2100 kilocalories pour tenir compte des besoins effectifs en énergie, en protéines et en micronutriments à satisfaire par une aide alimentaire extérieure.

18. Le calcul des besoins alimentaires et nutritionnels réels d'une population sinistrée est extrêmement important et doit être fait le plus tôt possible par un personnel expérimenté en nutrition, compte tenu des différents facteurs qui conditionnent les besoins nutritionnels journaliers moyens.

 

Facteurs à prendre en considération pour déterminer le niveau des rations

 

Caractéristiques démographiques (composition par âge et par sexe)

19. La composition de la population bénéficiaire influence les besoins nutritionnels. Un groupe comprenant uniquement des femmes et des enfants, par exemple, aura des besoins énergétiques inférieurs d'environ 6% à ceux de la population type concernée (dans un pays).

 

Niveau d'activité

20. Les valeurs pour différents niveaux d'activité sont indiquées dans le rapport FAO/OMS/UNU publié en 1985. Le chiffre actuel de 2100 kilocalories fixé pour la ration se fonde sur un niveau d'activité légère de 1,55 x MB pour les hommes et de 1,56 x MB pour les femmes; il assure le maintien de l'état de santé et de l'état nutritionnel d'une personne effectuant un travail léger. Il faudrait envisager d'augmenter la ration lorsque la charge de travail ne correspond plus à une activité légère. Il convient d'examiner de façon différentielle dans ce contexte les charges de travail des hommes et des femmes (voir annexe II).

 

Température ambiante

21. On s'accorde aujourd'hui à considérer comme température de base une température moyenne de 20oC, en prévoyant d'ajouter 100 kilocalories pour chaque tranche de cinq degrés inférieure à 20oC (voir annexe II).

 

Etat de santé, état nutritionnel et état physiologique

22. Il se peut que la population sinistrée se soit trouvée dans une grande détresse nutritionnelle et ait souffert un certain temps d'une grave pénurie alimentaire avant de recevoir une assistance. Mais il y a d'autres facteurs de risque, notamment les carences en micronutriments prévalentes là où les gens vivaient ou une menace générale d'épidémie, auquel cas il faudra peut-être revoir le niveau de la ration. Lorsque la maladie fait des ravages et/ou que la malnutrition et les taux de mortalité bruts se situent à des niveaux élevés, il faudra sans doute mener des programmes d'alimentation d'appoint et d'alimentation thérapeutique - lesquels n'auront toutefois d'effet que si l'on distribue en même temps une ration générale adéquate.

 

Sécurité alimentaire des ménages

23. Les besoins en aide alimentaire extérieure dépendent des possibilités de trouver de la nourriture sur place, ce que déterminent, d'une part, les disponibilités alimentaires locales (par ex. sur le marché ou par une production individuelle) et, d'autre part, le pouvoir d'achat et les possibilités qui s'offrent à la population sinistrée (par ex. achat direct auprès de sources locales ou achat de semences etc. là où la production de denrées alimentaires est possible et autorisée). Il faut savoir dans quelle mesure la population peut durablement compter sur ces apports ou bien si elle risque de voir ainsi s'amenuiser ses avoirs initiaux.

 

FACTEURS IMPORTANTS POUR LA GESTION DES OPERATIONS

 

Habitudes alimentaires

24. Les aliments de base doivent être culturellement acceptables: la population cible doit avoir le savoir-faire et les moyens nécessaires pour les transformer et les préparer avec les installations et le combustible disponibles. Une situation d'urgence n'est pas le moment idéal pour introduire un nouveau type d'aliment.

 

Traitement des denrées

25. Pour des raisons pratiques du point de vue nutritionnel et environnemental, il vaut mieux fournir de la farine, surtout au début d'une situation d'urgence. Si des grains entiers doivent être distribués, il doit y avoir sur place de quoi moudre le grain et la ration devrait inclure un élément compensant le coût et les pertes que cela entraîne (de l'ordre de 10 à 20%, selon les tarifs pratiqués pour la mouture), s'ils sont à la charge des bénéficiaires.

 

Besoins non alimentaires

26. Outre l'alimentation, il faut s'assurer que la population dispose d'eau, d'installations de cuisine, de combustible et de récipients en quantité suffisante. Il est d'autre part indispensable de fournir abris et couvertures.

 

Contrôle de qualité et spécifications

27. Il faut appliquer un système de contrôle de la qualité de toutes les denrées, pour veiller à ce que les aliments distribués aux réfugiés soient de bonne qualité, sans danger pour l'être humain et conformes aux spécifications. L'huile et le lait écrémé en poudre devraient être enrichis en vitamine A et les aliments composés devraient respecter les spécifications internationales fixées par la FAO et par l'OMS pour l'enrichissements en vitamines et en minéraux (Codex Alimentarius).

 

Substitution de denrées

28. Lorsque certaines denrées alimentaires ne sont pas disponibles, on peut les remplacer par d'autres afin de maintenir le niveau énergétique et protéinique voulu du panier alimentaire, mais une telle substitution ne doit pas durer plus d'un mois. Les rapports de substitution temporaire pour les denrées courantes sont les suivants:

Aliments composés et haricots = 1 : 1
Sucre et huile = 2 : 1
Céréales et haricots = 2 : 1
Céréales pour huile (et non pas huile pour céréales) = 3 : 1

 

LE PANIER ALIMENTAIRE

 

Au début d'une situation d'urgence et/ou pour une population entièrement dépendante de l'aide alimentaire extérieure

29. Il faut en priorité veiller à satisfaire les besoins énergétiques alimentaires durant la période qui suit immédiatement un sinistre. Il faudrait mobiliser et distribuer un panier alimentaire complet dès que possible, pour fournir énergie, protéines et graisses en quantités suffisantes. Il faut également assurer un apport adéquat en micronutriments essentiels pour maintenir un niveau satisfaisant.

 

Apport énergétique total recommandé

30. La ration minimale devrait avoir pour but de fournir 2100 kilocalories par jour à chaque personne.

 

Apport protéinique recommandé en pourcentage de l'apport énergétique total

31. Conformément aux recommandations contenues dans les rapports techniques de l'OMS, l'apport protéinique doit fournir au moins 10 à 12% de l'énergie totale. Si l'on satisfait les besoins énergétiques à l'aide de diverses denrées riches en protéines (céréales, aliments composés, légumineuses), la teneur de la ration en protéines ne pose généralement pas de problème.

 

Apport lipidique recommandé en pourcentage de l'apport énergétique total

32. Au moins 17% de l'apport énergétique fourni par la ration doit être d'origine lipidique. Les données scientifiques actuelles ne justifient pas d'apport supérieur à 20% (Consultation FAO/OMS sur les corps gras dans la nutrition humaine, 1993).

 

Apports recommandés en micronutriments

33. Chez les personnes sinistrées qui dépendent entièrement de rations de base fournies de l'extérieur, il risque d'apparaître des carences en micronutriments. Il est donc important de leur distribuer des aliments et légumes frais locaux car ces denrées peuvent apporter les micronutriments nécessaires sous une forme mieux adaptée que les aliments composés ou les suppléments alimentaires.

Pour décider de l'apport adéquat en micronutriments, il faut prendre en compte la ration et les sources complémentaires de nourriture. Si le niveau s'avère insuffisant, l'une des options ci-après devrait être envisagée. L'annexe IV indique le niveau de l'apport de sécurité en vitamines et en minéraux. Divers moyens, indiqués ci-après par ordre de préférence, permettent d'assurer un apport suffisant en micronutriments:

 

Exemples de ration complète adéquate pour une population sinistrée entièrement dépendante de l'aide alimentaire

DENREES

RATIONS (quantité en g)

 

Type 1*

Type 2*

Type 3*

Type 4**

Type 5*

Farine de céréales /riz/boulgour

400

420

350

420

450

Légumineuses

60

50

100

60

50

Huile (enrichie en vit. A)

25

25

25

30

25

Poisson/viande en boîte

-

20

-

30

-

Aliments comp. enrichis

50

40

50

-

-

Sucre

15

-

20

20

20

Sel iodé

5

5

5

5

5

Légumes/fruits frais

-

-

-

-

100

Epices

-

-

-

-

5

Energie: kilocalories

2113

2 106

2 087

2 092

2 116

Protéines (en g & % kcal)

58g; 11%

60g; 11%

72g; 14%

45g; 9%

51g; 10%

Lipides (en g & en % kcal)*

43g; 18%

47g; 20%

43g; 18%

38g; 16%

41g; 17%

* Pour les rations 1,2,3 et 5, la céréale prise comme base de calcul est la farine de maïs
** Pour cette ration, l'élément céréale est le riz; le faible pourcentage énergétique pour les protéines est acceptable en raison de sa qualité; la teneur assez faible en graisses correspond aux habitudes alimentaires dans les pays consommateurs de riz

 

34. Cinq types de rations sont présentés pour illustrer les différences correspondant à des facteurs tels que les habitudes alimentaires de la population, l'acceptabilité et la disponibilité des denrées dans la région. A l'annexe III est indiquée la composition des denrées couramment incluses dans l'aide alimentaire.

 

35. Il faudrait aussi dans la mesure du possible mettre à la disposition de la population aliments frais, épices, thé, levure etc. car ce sont des sources supplémentaires de micronutriments qui contribuent par ailleurs à améliorer le goût des aliments préparés et à les faire mieux accepter, en donnant aux bénéficiaires les moyens de préparer les repas plus ou moins selon leurs habitudes.

 

Dans les situations de post-urgence et/ou pour les populations ayant d'autres moyens de se nourrir

36. Dans certains cas, la ration doit seulement compléter ce que les bénéficiaires se procurent par ailleurs. La population sinistrée a peut-être une certaine liberté de mouvement qui lui permet de se livrer à des activités productives et de faire face à une partie de ses besoins. Peut-être aussi est-elle installée dans une zone qui permet davantage d'activités autonomes.

 

37. Pour les populations qui ne dépendant pas entièrement de l'aide alimentaire, on distribue des rations partielles pour satisfaire les besoins énergétiques minimaux. Ces rations contiennent généralement moins de céréales et le panier moins d'autres denrées, la proportion variant en fonction des conditions locales. Dans bien des cas, le panier alimentaire ne comprend que des céréales et de l'huile. Là où le régime alimentaire n'apporte que très peu de protéines, on inclut également des légumineuses.

 

38. Dans la phase de post-urgence, l'aide alimentaire ne peut à elle seule assurer durablement la sécurité alimentaire. Elle devrait s'accompagner d'autres interventions non alimentaires tels que projets agricoles et systèmes de crédit destinés à appuyer les efforts de redressement et de réinstallation; elle doit être considérée comme une incitation et un revenu d'appoint, qui aide à constituer des avoirs afin d'assurer à moyen et à long terme la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

 

***

 

A consulter:

  1. OMS: "Management of Nutrition in Major Emergencies" (sous presse)
  2. Comité pour la nutrition internationale: " Estimated per capita requirements for planning emergency food aid rations; Institute of Medicine, 1995".
  3. Mémorandum d'accord sur les dispositions de travail conjointes pour les opérations en faveur des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées à l'intérieur du territoire, HCR/PAM, mars 1997.

 

ANNEXE I

Besoins énergétiques de populations en situation d’urgence, Profil de pays en voie de développement (démographie et athropométrie); Kilocalories par jour

Groupe par âge /sexe (années)

Hommesa

Femmesa

Hommes & Femmesa

  % de la population totale Besoins énergétiques par personne % de la population totale Besoins énergétiques par personne % de la population totale Besoins énergétiques par personne
0

1b

2b

3b

4b

1.31

1.26

1.25

1.25

1.24

850

1250

1430

1560

1690

1.27

1.20

1.20

1.19

1.18

780

1190

1330

1440

1540

2.59

2.46

2.45

2.44

2.43

820

1220

1380

1500

1620

0-4

5-9

10-14

15-19

20-59c

60+c F.enceintes

F. allaitantes

6.32

6.00

5.39

4.89

24.80

3.42

1320

1980

2370

2700

2460

2010

6.05

5.69

5.13

4.64

23.82

3.82

2.4

2.6

1250

1730

2040

2120

1990

1780

285 (en plus)

500 (en plus )

12.37

11.69

10.53

9.54

48.63

7.24

2.4

2.6

1290

1860

2210

2420

2230

1890

Population entièrec 50.84 2250 49.16 2010   2070

Sources:

(1) Besoins énergétiques extraits du No 724 de la Série de Rapports techniques de l'OMS, 1985
(2)
Données démographiques (mi-1995), ONU Division de la population, New York

a Poids adulte: homme 60kg, femme 52kg
b L'ONU ne dispose pas d'estimations démographiques pour les années 1,2,3 et 4. On a obtenu les estimations pour ces années par interpolation entre les chiffres donnés par l'ONU pour l'année 0 et pour 5 ans.
c
Les chiffres donnés ici s'appliquent à une activité "légère" (1,55 x MB pour les hommes et 1,56 x MB pour les femmes)
(Le métabolisme de base - ou MB - correspond au niveau de dépense énergétique de l'organisme lorsqu'il se trouve au repos complet, par ex. pendant le sommeil). Pour les ajustements applicables à une activité modérée ou intense, voir annexe II.

N.B. Les besoins ci-dessus ne tiennent pas compte des variations de la teneur en fibres, de la digestibilité ni de la teneur en glucides complexes du régime alimentaire. Dans les pays en développement, celui-ci se caractérise généralement par une teneur relativement élevée en fibres et en glucides moins utilisables. On peut exprimer la teneur en glucides des aliments en fonction de leurs diverses composantes (amidon, sucres, fibres, celluloses, lignine etc.) ou simplement en tant que "différence" calculée entre le poids total et la somme des autres composantes (graisses, protéines, sels minéraux et eau). Cette question est examinée dans la partie 7.1 du No 724 de la Série de Rapports techniques de l'OMS. Si le coefficient d'Atwater (4 kcal par gramme) est appliqué par différence aux glucides, il faudrait réduire de 5% l'énergie réelle disponible dans les aliments ou bien relever de 5% les "besoins" pour ce type de régime alimentaire, ce qui, pour ce tableau, équivaut à un relèvement de +100 kcal des besoins énergétiques indiqués.

 

ANNEXE II

Besoins énergétiques moyens de la population et recommandations concernant les suppléments énergétiques nécessaires (kcal par jour), compte tenu du niveau d'activité, de la température ambiante et des pertes alimentaires durant le transport 1
 

Pays en
developpement

1. Besoins énergétiques moyens 2070
2. Ajustment des "besoins"en fonction du niveau d’activité des adultes (18 ans+)  

Activité modérée*:

 

Hommes

+360

Femmes

+100

Ensemble de la population (adultes & enfants)

+140

Activité intense*

 

Hommes

+850

Femmes

+330

Ensemble de la population

+350
3. Ajustment des "besoins" en fonction de la température moyenne quotidienne (°C):  

20°

-

15°

+100

10°

+200

5°

+300

0°

+400
4. Ajustement pour tenir compe d’éventuelles pertes alimentaires durant le transport:  

Pays doté d’un port

+5%

Pays enclavé

+10%

(Il ne s'agit pas de chiffres absolus; ils doivent être ajustés vers le haut ou vers le bas en fonction de la situation locale)

1 Adapté du manuel de l'OMS "The Management of Nutrition in Major Emergencies"(sous presse)

* Le métabolisme de base - ou MB - correspond au niveau de dépense énergétique de l'organisme lorsqu'il se trouve au repos complet (par ex. pendant le sommeil)
On calcule les besoins pour une activité modérée ou intense en multipliant le MB par les facteurs ci-après (comparés à 1,55 x MB pour une activité légère chez les hommes et 1,56 x MB chez les femmes):

  Hommes Femmes
Activité modérée 1.78 1.64
Activité intense 2.10 1.82

 

ANNEXE III

Valeur nutritionnelle des denrées couramment fournies au titre de l'aide alimentaire dans les situation d'urgence

 

Valeur nutritionnelle/100g

 

ENERGIE
(Kcal)

PROTEINES
(g)

LIPIDES
(g)

CEREALES      
Blé

330

12.3

1.5

Riz

360

7.0

0.5

Sorgho/Millet

335

11.0

3.0

Maïs

350

10.0

4.0

       
CEREALES TRAITEES      
Farine de maïs

360

9.0

3.5

Farine de blé

350

11.5

1.5

Boulgour

350

11.0

1.5

       
ALIMENTS COMPOSES      
Mélange soja-maïs (CSB)

380

18.0

6.0

Mélange blé-soja (WSB)

370

20.0

6.0

Boulgour enrichi de soja

350

17.0

1.5

Farine de maïs enrichie de soja

390

13.0

1.5

Fraine de blé enrichie de soja

360

16.0

1.3

Gruaux de sorgho enrichis de soja

360

16.0

1.0

       
PRODUITS LAITIERS      
Lait écrémé en poudre (enrichi) (DSM)

360

36.0

1.0

Lait écrémé en poudre (normal) (DSM)

360

36.0

1.0

Lait entier en poudre (DWM)

500

25.0

27.0

Fromage en boîte

355

22.5

28.0

Lait thérapeutique (TM)

540

14.7

31.5

       
VIANDE & POISSON      
Viande en boîte

220

21.0

15.0

Poisson salé et séché

270

47.0

7.5

Stockfish

-

-

-

Poisson en boîte

305

22.0

24.0

       
CORPS GRAS      
Huile végétale

885

-

100.0

Huile de beurre

860

-

98.0

Matière grasse comestible

900

-

100.0

       
LEGUMINEUSES      
Haricots

335

20.0

1.2

Pois

335

22.0

1.4

Lentilles

340

20.0

0.6

       
DIVERS      
Sucre

400

-

-

Fruits secs

270

4.0

0.5

Dattes

245

2.0

0.5

Thé (noir)

-

-

-

Sel iodé

-

-

-

 

ANNEXE IV

Besoins en vitamines et en minéraux - apports de sécurité (récapitulatif)1, 2

Groupe par Age/Sexe(années) Vitamine A (:g d’équivalents retinol RE*) Vitamine D (:g calciférol) Thiamine (mg)** Riboflavine

(mg)**

Equivalents Niacine(mg)** acide folique (:g) Vitamine B12 (:g) Vitamine C (Acide ascorbique; (mg) Fer (mg):3

Biodisponibilité faible (5-9%)

Iode (:g)
0

1

2

3

4

350

400

400

400

400

10.0

10.0

10.0

10.0

10.0

0.3

0.5

0.55

0.60

0.65

0.5

0.8

0.9

1.0

1.1

4.2

6.4

7.5

8.2

8.9

24

50

50

50

50

0.1

0.45

0.53

0.61

0.69

20

20

20

20

20

13

8

8

9

9

50-904

90

90

90

90

0-4

5-9

10-14 H

10-14 F

10-14 H & F

15-19 H

15-19 F

15-19 H & F

20-59 H

20-59 F

20-59 H & F

F. enceinte

F. allaitantes

60+ H

60+ F

60+ H & F

390

400

550

550

550

600

500

550

600

500

570

+100

+350

600

500

540

10.0

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

2.5

+ 7.5

+ 7.5

3.2

3.2

3.2

0.5

0.75

0.95

0.8

0.9

1.1

0.9

1.0

1.0

0.8

0.9

+ 0.1

+ 0.2

0.9

0.75

0.8

0.8

1.2

1.6

1.35

1.5

1.8

1.4

1.6

1.7

1.4

1.55

+ 0.1

+ 0.3

1.4

1.2

1.3

7.1

10.3

13.1

11.3

12.2

15.3

11.9

13.6

14.5

11.5

12.9

+ 1.1

+ 2.7

11.9

10.3

10.9

45

80

150

130

140

200

170

185

200

170

185

+ 250

+ 100

200

170

185

0.50

0.82

1.0

1.0

1.0

1.0

1.0

1.0

1.0

1.0

1.0

+ 0.4

+ 0.3

1.0

1.0

1.0

20

20

25

25

25

30

30

30

30

30

30

+ 20

+ 20

30

30

30

9

16

24

27

26

15

32

24

15

32

23

+ 60-120

17

15

15

15

90

110

140

140

140

150

150

150

150

150

150

+ 50

+ 50

150

150

150

Pop. entière 500 3.2 - 3.8*** 0.9 1.4 12.0 160 0.9 28 22 150

1 Adapté du manuel de l'OMS "The Management of Nutrition in Major Emergencies"
2 Ce tableau s'applique aux pays en développement comme aux pays industrialisés.
3 Base de calcul des besoins en fer: = 7,5% (régimes alimentaires de pays en développement). Dans les pays (par ex. en Asie du Sud) où l'assimilation du fer est notoirement "très faible" (<5%), les besoins sont environ deux fois plus élevés mais ne peuvent être satisfaits par une augmentation de la ration alimentaire. Il faut alors distribuer au moins une fois par semaine des suppléments de fer aux groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes, les enfants d'âge pré-scolaire et les adolescentes.
4 Le chiffre le plus bas est pour les enfants alliatés et le plus élevé pour les enfants nourris artificiellement.

 

* Les besoins en vitamine A peuvent être satisfaits grâce à l'absorption de vitamine A proprement dite (rétinol) ou de caroténoïdes (provitamine A), qui ont diverses équivalences en termes d'activité de la vitamine A. Les besoins sont exprimés en termes d'"équivalent rétinol" (ER), défini par le rapport suivant: 1ug de rétinol = 1.0 :g d'ER; 1:g de bêta-carotène = 0.167 :g d'ER; 1:g d'autres caroténoïdes (provitamine A) = 0,084 :g d'ER.
** Les besoins en vitamine B, proportionnels à l'apport énergétique, sont calculés comme suit: thiamine: 0,4mg pour 1000 kilocalories ingérées; riboflavine: 0,6mg pour 1000 kilocalories ingérées; équivalents niacine: 6,6mg pour 1000 kilocalories
*** Le chiffre supérieur concerne les pays en développement, où il y a une plus grande proportion d'enfants de moins de 5 ans dont les besoins sont plus importants.